Le temps de déposer les sacs dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh, pour souffler un peu.
Les connexions Internet ont été sporadiques, et les transports fréquents - avec les (més)aventures qui viennent avec.
Au menu des prochains billets: la fin de la tryptique sur les faits divers, le Vietnam, la motocyclette et l'environnement, sueurs froides et j'ai eu chaud avec les rencontres de dissidents politiques...
jeudi 19 mars 2009
mardi 10 mars 2009
D'autres faits divers vietnamiens
Pourquoi tenter de changer les éléments d'une recette qui fonctionne ? En vrac, d'autres observations sur la fascinante société vietnamienne
Il n'est pas rare de trouver, au grand jour, dans des marchées, des espèces menacées d'extinction à vendre sous diverses formes. Les hippocampes trempent dans des alcools forts - pour leur donner un goût différent semble-t-il. Les tortues à carapaces molles, elles, finissent dans des soupes ou d'autres mets raffinés. La difficulté est de savoir d'où proviennent les animaux. De fermes d'élevage ou sont-ils capturés dans la nature ? Entre temps, expliquer tout ça aux marchands avec un vietnamien boiteux relève du gageure.
Faire le plein d'une de ces petites motocyclettes qui circule sur les routes du pays coûte... un peu plus de 3 dollars canadiens. Vous avez bien lu: 3 dollars canadiens permettent à un 'motorbike' vietnamien de faire plus d'une centaines de kilomètres. Les petits engins sont utilisés partout, et il n'est pas rare pour une famille d'en posséder plusieurs. Le problème, c'est que les véhicules en question possèdent un moteur comme celui des tondeuses, c'est-à-dire très polluant. Smog, vous dites ? Heureusement, on pense à tout: les masques pour se couvrir le visage peuvent aisément être assortis avec les gants.
De la question des ongles. Le mystère est loin d'être éclairci. Qui porte les ongles longs ? Tout le monde, de toutes les couches sociales. Ils sont parfois hommes d'affaires, agriculteurs, serveurs. Parfois les ongles longs, parfois courts. Toutefois, une explication pour le petit doigt avec un ongle plus proéminent: un outil idéal... pour se curer les oreilles. Autrement, je tente encore de percer le secret.
Fascinante qualité, les Vietnamiens font preuve d'une grande absence d'inhibition quand cela vient ... à leur corps. Se curer le nez en public, roter, pêter, se moucher - sans mouchoir - avec les mains, uriner en public. Ces gestes sont accomplis régulièrement avec une indifférence qui fait rougir certains Occidentaux un peu prude. Ne soyez donc pas surpris de voir une grand-mère descendre les pantalons de ses petits enfants pour qu'ils urinent à même le trottoir. Et au diable la pudeur.
Le Vietnam est social. Tout se fait en groupe. Le thé se savoure à plusieurs autour d'une théière, maniée habillement par une vieille dame qui sert tout le monde en réclamant quelques milliers de dongs. Les repas se prennent nombreux: tout le monde chaparde un peu de tous les mets commandés, et chacun peut goûter différents plats. Et il y a toujours une seule facture, divisée entre les convives. Un chauffeur de taxi peut également compter sur les gens qu'il rencontre au hasard pour retrouver son chemin s'il ne sait pas où il se trouve. Ce qui signifie un ostracisme pesant pour l'individu solitaire, un fait rare dans la société vietnamienne. Parce qu'après tout, c'est un pays communiste, non ?
Il sera facile de vous faire des "amis" si vous êtes un Canadien voyageant seul au Vietnam. Des étrangers abordent les touristes déambulant près de certaines artères. Tout commence avec un "oh, my friend" amical, et dans un anglais généralement impeccable. S'en suit peut-être un compliment, sur vos cheveux, vos lunettes, votre chandail. Et la question: d'où venez-vous ? Ah, du Canada, s'exclament-ils à tous les coups. "Ils", ce sont des hommes généralement dans la trentaine, avec une caractéristique en commun: une soeur, une cousine, une belle-soeur, une femme dans leur famille qui s'en va au Canada. Peut-être voudriez-vous prendre un café pour leur en dire davantage à propos de votre beau pays ? Histoire de les rassurer, vous savez. Je n'ai pas poussé la curiosité jusqu'à rencontrer aucune de ces Vietnamiennes. La rumeur veut que beaucoup d'entre elles cherchent en fait un mari occidental. Et le Canada a la réputation d'être accueillant avec les Vietnamiens. Est-ce totalement fondé ? Reste que les rencontres fortuites avec des gens qui ont un membre de leur famille s'en allant "par hasard" très bientôt au Canada, ne fait qu'alimenter les doutes...
Il n'est pas rare de trouver, au grand jour, dans des marchées, des espèces menacées d'extinction à vendre sous diverses formes. Les hippocampes trempent dans des alcools forts - pour leur donner un goût différent semble-t-il. Les tortues à carapaces molles, elles, finissent dans des soupes ou d'autres mets raffinés. La difficulté est de savoir d'où proviennent les animaux. De fermes d'élevage ou sont-ils capturés dans la nature ? Entre temps, expliquer tout ça aux marchands avec un vietnamien boiteux relève du gageure.
Faire le plein d'une de ces petites motocyclettes qui circule sur les routes du pays coûte... un peu plus de 3 dollars canadiens. Vous avez bien lu: 3 dollars canadiens permettent à un 'motorbike' vietnamien de faire plus d'une centaines de kilomètres. Les petits engins sont utilisés partout, et il n'est pas rare pour une famille d'en posséder plusieurs. Le problème, c'est que les véhicules en question possèdent un moteur comme celui des tondeuses, c'est-à-dire très polluant. Smog, vous dites ? Heureusement, on pense à tout: les masques pour se couvrir le visage peuvent aisément être assortis avec les gants.
De la question des ongles. Le mystère est loin d'être éclairci. Qui porte les ongles longs ? Tout le monde, de toutes les couches sociales. Ils sont parfois hommes d'affaires, agriculteurs, serveurs. Parfois les ongles longs, parfois courts. Toutefois, une explication pour le petit doigt avec un ongle plus proéminent: un outil idéal... pour se curer les oreilles. Autrement, je tente encore de percer le secret.
Fascinante qualité, les Vietnamiens font preuve d'une grande absence d'inhibition quand cela vient ... à leur corps. Se curer le nez en public, roter, pêter, se moucher - sans mouchoir - avec les mains, uriner en public. Ces gestes sont accomplis régulièrement avec une indifférence qui fait rougir certains Occidentaux un peu prude. Ne soyez donc pas surpris de voir une grand-mère descendre les pantalons de ses petits enfants pour qu'ils urinent à même le trottoir. Et au diable la pudeur.
Le Vietnam est social. Tout se fait en groupe. Le thé se savoure à plusieurs autour d'une théière, maniée habillement par une vieille dame qui sert tout le monde en réclamant quelques milliers de dongs. Les repas se prennent nombreux: tout le monde chaparde un peu de tous les mets commandés, et chacun peut goûter différents plats. Et il y a toujours une seule facture, divisée entre les convives. Un chauffeur de taxi peut également compter sur les gens qu'il rencontre au hasard pour retrouver son chemin s'il ne sait pas où il se trouve. Ce qui signifie un ostracisme pesant pour l'individu solitaire, un fait rare dans la société vietnamienne. Parce qu'après tout, c'est un pays communiste, non ?
Il sera facile de vous faire des "amis" si vous êtes un Canadien voyageant seul au Vietnam. Des étrangers abordent les touristes déambulant près de certaines artères. Tout commence avec un "oh, my friend" amical, et dans un anglais généralement impeccable. S'en suit peut-être un compliment, sur vos cheveux, vos lunettes, votre chandail. Et la question: d'où venez-vous ? Ah, du Canada, s'exclament-ils à tous les coups. "Ils", ce sont des hommes généralement dans la trentaine, avec une caractéristique en commun: une soeur, une cousine, une belle-soeur, une femme dans leur famille qui s'en va au Canada. Peut-être voudriez-vous prendre un café pour leur en dire davantage à propos de votre beau pays ? Histoire de les rassurer, vous savez. Je n'ai pas poussé la curiosité jusqu'à rencontrer aucune de ces Vietnamiennes. La rumeur veut que beaucoup d'entre elles cherchent en fait un mari occidental. Et le Canada a la réputation d'être accueillant avec les Vietnamiens. Est-ce totalement fondé ? Reste que les rencontres fortuites avec des gens qui ont un membre de leur famille s'en allant "par hasard" très bientôt au Canada, ne fait qu'alimenter les doutes...
vendredi 27 février 2009
Quelques faits "d'hiver" vietnamiens
Lorsqu'on est ailleurs, le détail prend souvent une importance cruciale. Il vous en apprendra beaucoup sur la culture des gens chez qui vous vous trouvez.
En ce moment, la mode, chez les hommes du Nord, est de conserver un ou plusieurs ongles de leurs mains assez longs. Jadis, les hommes comme les femmes d'Hanoi prenaient grand soin de leurs ongles, et les peignaient de couleurs vives. Les ongles longs, bien limés, en pointe, eux, sont demeurés. Cela semble être l'apanage des gens huppés, mais il n'y pas forcément de groupes précis qui portent l'ongle long. Et tous les doigts de la main sont susceptibles d'être ainsi bichonnés...
Beaucoup de Vietnamiens diront qu'ils ne pratiquent pas vraiment de religion. Le bouddhisme se pratique davantage dans le sud du pays, le catholicisme, au nord. Les croyances et les superstitions, elles, sont nationales. Par exemple, le "chien porte-bonheur". Acheter un jeune chiot porte bonheur. Ironiquement, ils mangent également du chien à certains endroits. Il n'est pas dit que cela porte aussi bonheur.
À l'image de la bureaucratie, l'argent, ici, est compliquée. Ainsi, il existe une pièce de monnaie de 2000 dongs vietnamiens, mais il existe aussi un billet de la même valeur. Les deux sont en circulation en même temps. La pièce serait un symbole pour conforter les nostalgiques de la monnaie qui était utilisée auparavant. Vous pourriez également avoir dans vos poches des billets illustrés de façon différente pour la même valeur. Et il existe ce billet de 500 000 dongs plastifié, qui bat son concurrent de papier à plate couture sur le look. Encore faut-il le trouver.
La circulation est probablement l'élément le plus fascinant du Vietnam urbain. Les feux rouges sont davantage à titre indicatif, puisque certains choisissent de traverser malgré tout. Ils se font généralement éviter par les véhicules venant en sens inverse. Il y a, à Ho Chi Minh/Saigon, plus de 5 millions de petits scooters, pour une population estimée à 11 millions d'habitants. À des périodes de pointe, il y avait, chaque jour, 10 000 nouvelles demandes de permis de circuler pour ces engins à deux roues - qui sont ici un peu plus gros que les scooters 'américains', mais plus petit qu'une motocross. Et chaque année, 15 000 personnes meurent dans un accident de la route au Vietnam... Le plus dérangeant sont ces conducteurs qui préfèrent aller en sens inverse quand la circulation est trop lente de leur côté de la route. Mais tout le monde s'en fout, tant que tout le monde roule...
Les changements climatiques sont ici bien réels. Le pays est considéré comme le 5e plus vulnérable aux conséquences du réchauffement planétaire. Quand vous êtes en province, qu'il fait 36 degrés, et qu'on vous annonce, qu'en moyenne, à ce moment-ci de l'année, il devrait plutôt faire 11 degrés, vous comprenez un peu plus...
Et les frères Kostityn ne se sont pas rendus jusqu'ici...
En ce moment, la mode, chez les hommes du Nord, est de conserver un ou plusieurs ongles de leurs mains assez longs. Jadis, les hommes comme les femmes d'Hanoi prenaient grand soin de leurs ongles, et les peignaient de couleurs vives. Les ongles longs, bien limés, en pointe, eux, sont demeurés. Cela semble être l'apanage des gens huppés, mais il n'y pas forcément de groupes précis qui portent l'ongle long. Et tous les doigts de la main sont susceptibles d'être ainsi bichonnés...
Beaucoup de Vietnamiens diront qu'ils ne pratiquent pas vraiment de religion. Le bouddhisme se pratique davantage dans le sud du pays, le catholicisme, au nord. Les croyances et les superstitions, elles, sont nationales. Par exemple, le "chien porte-bonheur". Acheter un jeune chiot porte bonheur. Ironiquement, ils mangent également du chien à certains endroits. Il n'est pas dit que cela porte aussi bonheur.
À l'image de la bureaucratie, l'argent, ici, est compliquée. Ainsi, il existe une pièce de monnaie de 2000 dongs vietnamiens, mais il existe aussi un billet de la même valeur. Les deux sont en circulation en même temps. La pièce serait un symbole pour conforter les nostalgiques de la monnaie qui était utilisée auparavant. Vous pourriez également avoir dans vos poches des billets illustrés de façon différente pour la même valeur. Et il existe ce billet de 500 000 dongs plastifié, qui bat son concurrent de papier à plate couture sur le look. Encore faut-il le trouver.
La circulation est probablement l'élément le plus fascinant du Vietnam urbain. Les feux rouges sont davantage à titre indicatif, puisque certains choisissent de traverser malgré tout. Ils se font généralement éviter par les véhicules venant en sens inverse. Il y a, à Ho Chi Minh/Saigon, plus de 5 millions de petits scooters, pour une population estimée à 11 millions d'habitants. À des périodes de pointe, il y avait, chaque jour, 10 000 nouvelles demandes de permis de circuler pour ces engins à deux roues - qui sont ici un peu plus gros que les scooters 'américains', mais plus petit qu'une motocross. Et chaque année, 15 000 personnes meurent dans un accident de la route au Vietnam... Le plus dérangeant sont ces conducteurs qui préfèrent aller en sens inverse quand la circulation est trop lente de leur côté de la route. Mais tout le monde s'en fout, tant que tout le monde roule...
Les changements climatiques sont ici bien réels. Le pays est considéré comme le 5e plus vulnérable aux conséquences du réchauffement planétaire. Quand vous êtes en province, qu'il fait 36 degrés, et qu'on vous annonce, qu'en moyenne, à ce moment-ci de l'année, il devrait plutôt faire 11 degrés, vous comprenez un peu plus...
Et les frères Kostityn ne se sont pas rendus jusqu'ici...
lundi 23 février 2009
dimanche 22 février 2009
Les sens du Vietnam

Il n'en va pas que d'un dépaysement culturel lorsque vous voyagez au Vietnam. Il en va aussi de celui des sens.
Parce que le choc est violent. Les odeurs vous prennent et ne vous lâchent pas le nez. Vous n'aurez de cesse de voir des choses qui vous étonneront partout. Sans compter le bruit, mélodieux ou pas, dont on peut difficilement se défaire.
Mais le plus surprenant demeure l'éternelle question de la nourriture. Parce que tout ce que vous pouvez voir, entendre, ou sentir, vous pourriez en avoir l'expérience d'ailleurs. Les recettes, les subtilités locales, elles, traversent difficilement les frontières.
Le meilleur exemple est le petit déjeuner. Typiquement, les Vietnamiens mangent salé au lever du corps. Une soupe « pho » par exemple. Ou encore, ce mélange de riz collant (com en vietnamien), de maïs collant, d'ail et d'oignon grillés, enveloppé dans une feuille de bambou. Viens le moment qui fait sourciller: il faut ajouter au mélange du sucre en morceaux assez grossiers. Ce n'est pas des rôties et de la confiture, mais c'est franchement bon.
Et du café, bien entendu. Précisément, du « ca phé suu da », café avec lait. C'est en fait un café filtre, avec du lait concentré délicieusement sucré, le tout servi sur glace ou non.
Le reste de la journée, vous en serez quittes avec des mélanges de salé et de sucré tout aussi dépaysants, avec notamment une salade de papaye verte marinée et de melon amer.
L'attrape, par contre, est la suivante: on ne mange jamais aussi bien que dans les petits bouis-bouis, des quasi cantines, parfois à ras le sol, parfois à côté de cuisines avec quelques tables coincées derrière, où l'intimité est de rigueur. Encore faut-il trouver le bon endroit – ce qui peut faire la différence entre être malade ou pas.
jeudi 19 février 2009
Guerre et paix



Dans l'ordre et dans le désordre.
Des millions de victimes, et une comptabilité douloureusement précise: 12 généraux, 89 colonels, 259 lieutenants-colonels, et 696 majors sont décédés durant la guerre. Près de ce tableau où figurent ces chiffres, une vieille touriste américaine essuie des larmes, pendant qu'un autre, visiblement un vétéran, explique comment on devait tirer avec une Thompson.
Quelques 14 millions de tonnes de bombes de toutes sortes ont été larguées sur le Vietnam pendant la guerre contre les É-U. Évidemment, beaucoup n'ont pas explosé. Un échantillon de ce qui a été ramassé - et espérons-le, désamorcé.
Et, un mot évocateur laissé dans le livre des témoignages: "La guerre ne fait pas sourire."
Je vous épargne ici les images de victimes. Les brûlures du napalm, celles toutes aussi horribles des bombes au phosphore. Les exécutions, les morts au combat. Les séquelles de l'Agent orange, et j'en passe. C'est un lourd héritage, morbide par moments, exhibé de façon surprenante, dont le visiteur ne sait trop quoi faire lorsqu'il sort du musée.
Adieu, Marguerite
Il fût un temps où les Chinois et les Vietnamiens entretenaient des relations hostiles. Puis, les mots "marché", "globalisation" et "économie mondiale" ont effacés les différends. Du moins, en apparence.
Preuve en est du quartier de Cholon, à Ho Chi Minh Ville - ou Saïgon. District 5, peut-on lire sur un plan de la ville.
"Tu peux acheter des choses peu coûteuses là-bas", explique Owen, un voyageur anglais, à la barbe fournie. Il en revenait tout juste, après une journée à visiter les pagodes et le marché.
C'est surtout pour ce dernier que Cholon est reconnu. Parce que tout peut être acheté à Cholon. Des étals de fruits, de légumes, de viande, de poisson. Puis, quelques mètres plus loin, des échoppes de moteurs, de vis, de clous. Toutes les formes, toutes les tailles, même chez ce vendeur improbable... de ressorts.
Le quartier dépeint par Marguerite Duras, dans son livre "L'Amant", n'existe plus vraiment. Il faut voir l'adaptation au grand écran, Cholon y semble être un endroit unique. Les édifices peints en bleu, les ruelles étroites, les portes de maisons jouxtant les tables de marchands. Les Vietnamiens ne mettaient pas les pieds dans ce quartier, il était uniquement chinois. Il faut savoir, aussi, qu'historiquement, les deux pays n'ont cessé de se battre, et ce jusqu'à tout récemment...
Aujourd'hui, le visiteur pourrait s'y méprendre, et penser qu'il n'a jamais mis les pieds dans le quartier chinois. Les caractères mandarins ou cantonais et la forme du visage des gens sont parmi les seuls indices qu'on se trouve dans le quartier chinois. Et la nourriture, bien entendu. "Je viens ici pour acheter des vêtements et manger. Il y a de la bonne bouffe", dit Pha Le, une étudiante vietnamienne en langues. Selon elle, Chinois et Vietnamiens ne se détestent plus comme avant, au contraire. Beaucoup de marchands vietnamiens ont adopté une stratégie économique chinoise dans les quartiers: la spécialisation.
Ainsi, vous pouvez trouver une rue où il n'y a que des vendeurs de moteurs. Et la suivante, que des pièces de vélos, par exemple. "De cette façon, les marchands peuvent se protéger. Tout le monde garde les mêmes prix, explique Pha Le en traversant des étals de pièces mécaniques. S'ils étaient séparés, quelqu'un pourrait avoir des prix plus élevés ailleurs, et il y aurait de l'argent perdu!"
Le modèle commence à se répandre ailleurs dans la ville...
À Cholon, comme ailleurs, le caractère unique de certains endroits commence à être gommé petit à petit. Il faut voir cette pagode dans le quartier, entouré de grands néons bleu et blanc, des magasins de chaque côté. Dans le district 3, plus de la moitié du musée de la guerre est consacré à la vente de souvenirs. Ailleurs, les PFK, Motorola et Visa envahissent lentement le paysage.
Touriste américain fraîchement débarqué, avec le décalage horaire encore imprimé dans le visage, Ryan semble déçu de ce qu'il a vu jusqu'à maintenant. "Il n'y a plus d'authenticité nulle part!", s'exclame-t-il.
"Oh, il faut aller dans le Vietnam rural pour voir la vraie vie!", souligne Pha Le. Là où le tourisme et la publicité ne se sont pas encore trop aventurés.
Preuve en est du quartier de Cholon, à Ho Chi Minh Ville - ou Saïgon. District 5, peut-on lire sur un plan de la ville.
"Tu peux acheter des choses peu coûteuses là-bas", explique Owen, un voyageur anglais, à la barbe fournie. Il en revenait tout juste, après une journée à visiter les pagodes et le marché.
C'est surtout pour ce dernier que Cholon est reconnu. Parce que tout peut être acheté à Cholon. Des étals de fruits, de légumes, de viande, de poisson. Puis, quelques mètres plus loin, des échoppes de moteurs, de vis, de clous. Toutes les formes, toutes les tailles, même chez ce vendeur improbable... de ressorts.
Le quartier dépeint par Marguerite Duras, dans son livre "L'Amant", n'existe plus vraiment. Il faut voir l'adaptation au grand écran, Cholon y semble être un endroit unique. Les édifices peints en bleu, les ruelles étroites, les portes de maisons jouxtant les tables de marchands. Les Vietnamiens ne mettaient pas les pieds dans ce quartier, il était uniquement chinois. Il faut savoir, aussi, qu'historiquement, les deux pays n'ont cessé de se battre, et ce jusqu'à tout récemment...
Aujourd'hui, le visiteur pourrait s'y méprendre, et penser qu'il n'a jamais mis les pieds dans le quartier chinois. Les caractères mandarins ou cantonais et la forme du visage des gens sont parmi les seuls indices qu'on se trouve dans le quartier chinois. Et la nourriture, bien entendu. "Je viens ici pour acheter des vêtements et manger. Il y a de la bonne bouffe", dit Pha Le, une étudiante vietnamienne en langues. Selon elle, Chinois et Vietnamiens ne se détestent plus comme avant, au contraire. Beaucoup de marchands vietnamiens ont adopté une stratégie économique chinoise dans les quartiers: la spécialisation.
Ainsi, vous pouvez trouver une rue où il n'y a que des vendeurs de moteurs. Et la suivante, que des pièces de vélos, par exemple. "De cette façon, les marchands peuvent se protéger. Tout le monde garde les mêmes prix, explique Pha Le en traversant des étals de pièces mécaniques. S'ils étaient séparés, quelqu'un pourrait avoir des prix plus élevés ailleurs, et il y aurait de l'argent perdu!"
Le modèle commence à se répandre ailleurs dans la ville...
À Cholon, comme ailleurs, le caractère unique de certains endroits commence à être gommé petit à petit. Il faut voir cette pagode dans le quartier, entouré de grands néons bleu et blanc, des magasins de chaque côté. Dans le district 3, plus de la moitié du musée de la guerre est consacré à la vente de souvenirs. Ailleurs, les PFK, Motorola et Visa envahissent lentement le paysage.
Touriste américain fraîchement débarqué, avec le décalage horaire encore imprimé dans le visage, Ryan semble déçu de ce qu'il a vu jusqu'à maintenant. "Il n'y a plus d'authenticité nulle part!", s'exclame-t-il.
"Oh, il faut aller dans le Vietnam rural pour voir la vraie vie!", souligne Pha Le. Là où le tourisme et la publicité ne se sont pas encore trop aventurés.
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