(Casablanca, Maroc)
L'odeur puissante et implacable du gaz carbonique assaille les nouveaux arrivants à Casablanca. Le polluant semble s’incruster dans les vêtements, et pénètre au plus profond des poumons. La respiration semble parfois se faire au travers d’un opaque filtre sur les narines.
Casablanca est la ville la plus polluée du Maroc. Une quantité impressionnante de véhicules y roulent, laissant derrière eux un nuage noirâtre lorsqu’ils appuient sur l’accélérateur quand le feu rouge passe au vert. Il en résulte un air vicié, qui sent mauvais, flottant partout sur la ville. Même la nuit, l’odeur est persistante.
Plusieurs raisons expliquent ce problème. Des transports en commun sclérosés, le coût relativement peu élevé de l’essence (7 DH pour un litre, donc 60 centimes d’euro, 0,94 $).
Les pires sont ces épaves roulantes, de vieilles Mercedes à la peinture écaillée, des fantômes d’une Europe de jadis, qui exhalent de bien noirs soupirs. Et ils servent généralement de taxis… Sans oublier les «petits taxis», des compactes rouges ou bleues, selon les villes, qui égaient la mer de véhicules.
La solution ? Elles paraissent évidentes aux yeux d’un Occidental. Couper, aménager, modifier, réduire… Mais le Maroc manque de moyens, et une partie du pays a pour pivot principal l’automobile, également la source de ces polluants…
Et comment peut-on demander à tous ces conducteurs de taxis de changer de véhicule ? Ici, les automobiles récentes ne sont pas envisageables, même si les taxis sentent l'huile. Idem pour les autobus, qu'ils soient à Casa ou à Rabat. Un épais nuage de fumée laissé derrière eux est le prix à payer pour un quelconque transport en commun.
Faute de technologie adéquate, ils sont de nombreux Casablancais à se rendre en toussant au travail. Pourtant, les pays de l'Afrique, le Maroc comme les autres, ne sont pas les principaux pollueurs de la planète. Cela n'empêchera pas le continent de souffrir le plus du réchauffement climatique, à en croire les dernières estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). D'ici quelques années, le mercure pourrait hausser de quatre degrés sur le nord du continent. Une chaleur qui pourrait avoir des conséquences tragiques dans un pays où le manque d'eau cause déjà des problèmes importants aux agriculteurs.
La quadrature du cercle se perpétue, et les Casablancais continuent d'utiliser ces légions de petits taxis, présents partout. De quoi rappeler le dilemme…
lundi 21 mai 2007
S'abonner à :
Publier des commentaires (Atom)
1 commentaire:
Le probleme de la quadrature du cercle semble etre une conclusion a laquelle tu arrives frequemment. Tant qu'a moi, c'est pessimiste de comparer un probleme humain a une impossibilite bien documentee relevant de l'imagination--donc un probleme illusoire.
T'es en parfaite position pour semer les graines des solutions, en tant que propagateur de l'information...
Les textes sont bons et interessants. Je croyais que l'hiver dernier l'Algerie avait recu de la neige l'hiver dernier? ou est le rechauffement la-dedans...
Publier un commentaire