vendredi 6 juillet 2007

Le giron de la richesse

(Erlangen, Allemagne)

Ils jurent avec le paysage. Dans les rues de la petite ville universitaire, Erlangen, les mendiants, deux sur la rue principale, détonnent. Pas suffisamment, toutefois, pour s'attirer des piécettes des passants.

La richesse est probablement tout aussi difficile à comprendre que la pauvrete. Parce qu'elle rend plus indifférent. Comme si une réalité plus difficile était attenuée, quasie inexistante.

"Les Allemands aiment beaucoup acheter une paire de chaussures pour aller marcher dans les bois, les vêtements contre la pluie. Ils veulent avoir tout le matériel qu'il faut s'il arrive quoi que ce soit. Meme s'ils ne l'utiliseront presque pas."

Sarah Freuden, 27 ans, étudiante en géologie, ne se fait pas trop d'illusions sur la propension de beaucoup de personnes à acheter. Elle sait aussi que la richesse allemande fait envie a beaucoup de pays voisins. Elle connaît bien: elle vient du nord, région plus rurale, plus agricole. Donc, moins riche. Ici, à Erlangen, les emplois dans le domaine de la recherche assurent un bon revenu. Le coût de la vie, encore à des années-lumières de Berlin et de Münich, permet de vivre aisément. Ce qui n'est pas sans la déranger un peu...

Plus à l'est, le taux de chômage augmente radicalement. Du 4 à 5 % de l'Ouest, il passe à 18 %, voire plus dans certaines regions rurales.

Et les gens de l'ouest n'aiment pas l'idée de payer pour les autres. Entre les deux, un fossé énorme. "On peut les reconnaitre à leur accent", explique Lukas Pflug, un étudiant en mathématiques. Aussi à leur comportement, paraît-il. Dans un pays jadis divisé, subsiste encore des barrières.

La où il y a l'opulence, il semble aussi y avoir une incompréhension difficile à franchir.

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