(Bayonne, dans le sud-ouest de la France)
Ces mots apparaissent partout. À commencer par l'indication de la ville. Bayonne, et en dessous, Baiona... Sortie devient "ateratzea". Lorsqu'on vous accueille, il n'est pas rare que les gens saluent d'abord avec "egun on".
Près de la frontière espagnole, le basque se parle assez couramment. La station de radio locale diffuse un bulletin d'information en basque toutes les heures. Quotidiens, magazines, écoles... et partis politiques, la langue a tout généré.
Premier constat: le basque ne ressemble à rien. Composé à 70 % de latin, le reste d'un mélange de plusieurs langues, à peine quelques mots sont intelligibles pour les néophytes.
Lorsque la question est posée, la réponse vient sous la forme d'un haussement d'épaules... Ça vient d'où, le basque ? Personne ne le sait. Les spécialistes de tous poils se sont cassés les dents à trouver. Les hypothèses les plus folles ont été émises: dérivé du japonais, origine latine, mélange de français et d'autres choses...
La différence avec le français, par exemple, vient de l'évolution de la langue. Comme l'allemand, il suffit à un basquophone d'ajouter des suffixes ou des préfixes à un mot "moderne" pour l'introduire dans une conversation. Et un autre locuteur basque comprendra parfaitement...
À la langue s'ajoutent des traditions: musique, mode de vie, et même les vêtements. Au "Pays basque", une région géographique chevauchant la France et l'Espagne, tous les natifs ne parlent pas le basque. Mais tous se revendiquent basques...
Cela n'empêche pas le basque d'être menacé... Ici, la langue devient un enjeu transfrontalier. Le basque est parlé d'un côté et de l'autre de la frontière franco-espagnole. En France, ils sont entre 60 et 80 000 à parler le basque, en Espagne, plus de 700 000... Sauf qu'au sud, le Pays basque est autonome. Il y a donc un important soutient à la langue.
La situation est toute autre en France. Article 2, de la Constitution: "La langue de la République est le français." En dehors de ça, point de salut. Aucune reconnaissance pour toutes les langues régionales françaises, de l'occitan, du breton, le corse... en passant par le basque. Une proposition d'amender la Constitution a été proposée l'année dernière, mais bien vite déboutée.
L'enseignement du basque dans l'Hexagone est considéré "alégal". Ni hors-la-loi, ni dans la loi. Toléré, point. De fait, les écoles souffrent de moyens déclinants, faute de reconnaissance. Ce qui explique pourquoi la tranche des 15-30 ans parle moins et moins bien le basque qu'auparavant.
Et pourquoi ne pas reconnaître cette langue, peut-on se demander... La réponse est politique. Soutenir le basque donnerait un levier incroyable pour la création d'un nouveau département français, demandé par les basques francophones depuis longtemps. Donnant des munitions supplémentaires pour l'indépendance du Pays basque tout entier, en dehors des frontières...
Le vrai mystère basque, c'est celui de son avenir. Que va-t-il se passer ? Une charte européenne prévoit la protection des langues. La France a refusé de rafitier, en raison de l'article 2 de sa constitution. Le basque vivote, revit ou survit selon le goût du jour de le parler ou pas. Réussir à protéger ce parler régional ressemble à la quadrature du cercle...
Entre temps, une des rares victoires de la langue basque est visible pour tous les automobilistes qui fréquentent la région.
jeudi 22 mars 2007
mercredi 21 mars 2007
Le but
Considérez ceci comme une sorte d'"énoncé de mission", aussi ironique cela puisse-t-il paraître.
Je crois au journalisme comme un moyen de comprendre le monde, les événements, ce qui forge, de près ou de loin, votre vie, ma vie.
Le journaliste est avant tout quelqu'un de curieux et d'observateur. Tous n'ont pas une tribune, que leurs propos soient pertinent ou non...
De façon utopique, j'aime à croire que je peux apporter ma pierre à l'édifice de la compréhension.
Donc... Vous trouverez ici, dans un format journalistique plus un moins traditionnel, des articles tirés du quotidien...
Je tenterai d'être régulier et discipliné, les commentaires sont ouverts à toutes et tous.
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