Lorsqu'on est ailleurs, le détail prend souvent une importance cruciale. Il vous en apprendra beaucoup sur la culture des gens chez qui vous vous trouvez.
En ce moment, la mode, chez les hommes du Nord, est de conserver un ou plusieurs ongles de leurs mains assez longs. Jadis, les hommes comme les femmes d'Hanoi prenaient grand soin de leurs ongles, et les peignaient de couleurs vives. Les ongles longs, bien limés, en pointe, eux, sont demeurés. Cela semble être l'apanage des gens huppés, mais il n'y pas forcément de groupes précis qui portent l'ongle long. Et tous les doigts de la main sont susceptibles d'être ainsi bichonnés...
Beaucoup de Vietnamiens diront qu'ils ne pratiquent pas vraiment de religion. Le bouddhisme se pratique davantage dans le sud du pays, le catholicisme, au nord. Les croyances et les superstitions, elles, sont nationales. Par exemple, le "chien porte-bonheur". Acheter un jeune chiot porte bonheur. Ironiquement, ils mangent également du chien à certains endroits. Il n'est pas dit que cela porte aussi bonheur.
À l'image de la bureaucratie, l'argent, ici, est compliquée. Ainsi, il existe une pièce de monnaie de 2000 dongs vietnamiens, mais il existe aussi un billet de la même valeur. Les deux sont en circulation en même temps. La pièce serait un symbole pour conforter les nostalgiques de la monnaie qui était utilisée auparavant. Vous pourriez également avoir dans vos poches des billets illustrés de façon différente pour la même valeur. Et il existe ce billet de 500 000 dongs plastifié, qui bat son concurrent de papier à plate couture sur le look. Encore faut-il le trouver.
La circulation est probablement l'élément le plus fascinant du Vietnam urbain. Les feux rouges sont davantage à titre indicatif, puisque certains choisissent de traverser malgré tout. Ils se font généralement éviter par les véhicules venant en sens inverse. Il y a, à Ho Chi Minh/Saigon, plus de 5 millions de petits scooters, pour une population estimée à 11 millions d'habitants. À des périodes de pointe, il y avait, chaque jour, 10 000 nouvelles demandes de permis de circuler pour ces engins à deux roues - qui sont ici un peu plus gros que les scooters 'américains', mais plus petit qu'une motocross. Et chaque année, 15 000 personnes meurent dans un accident de la route au Vietnam... Le plus dérangeant sont ces conducteurs qui préfèrent aller en sens inverse quand la circulation est trop lente de leur côté de la route. Mais tout le monde s'en fout, tant que tout le monde roule...
Les changements climatiques sont ici bien réels. Le pays est considéré comme le 5e plus vulnérable aux conséquences du réchauffement planétaire. Quand vous êtes en province, qu'il fait 36 degrés, et qu'on vous annonce, qu'en moyenne, à ce moment-ci de l'année, il devrait plutôt faire 11 degrés, vous comprenez un peu plus...
Et les frères Kostityn ne se sont pas rendus jusqu'ici...
vendredi 27 février 2009
lundi 23 février 2009
dimanche 22 février 2009
Les sens du Vietnam

Il n'en va pas que d'un dépaysement culturel lorsque vous voyagez au Vietnam. Il en va aussi de celui des sens.
Parce que le choc est violent. Les odeurs vous prennent et ne vous lâchent pas le nez. Vous n'aurez de cesse de voir des choses qui vous étonneront partout. Sans compter le bruit, mélodieux ou pas, dont on peut difficilement se défaire.
Mais le plus surprenant demeure l'éternelle question de la nourriture. Parce que tout ce que vous pouvez voir, entendre, ou sentir, vous pourriez en avoir l'expérience d'ailleurs. Les recettes, les subtilités locales, elles, traversent difficilement les frontières.
Le meilleur exemple est le petit déjeuner. Typiquement, les Vietnamiens mangent salé au lever du corps. Une soupe « pho » par exemple. Ou encore, ce mélange de riz collant (com en vietnamien), de maïs collant, d'ail et d'oignon grillés, enveloppé dans une feuille de bambou. Viens le moment qui fait sourciller: il faut ajouter au mélange du sucre en morceaux assez grossiers. Ce n'est pas des rôties et de la confiture, mais c'est franchement bon.
Et du café, bien entendu. Précisément, du « ca phé suu da », café avec lait. C'est en fait un café filtre, avec du lait concentré délicieusement sucré, le tout servi sur glace ou non.
Le reste de la journée, vous en serez quittes avec des mélanges de salé et de sucré tout aussi dépaysants, avec notamment une salade de papaye verte marinée et de melon amer.
L'attrape, par contre, est la suivante: on ne mange jamais aussi bien que dans les petits bouis-bouis, des quasi cantines, parfois à ras le sol, parfois à côté de cuisines avec quelques tables coincées derrière, où l'intimité est de rigueur. Encore faut-il trouver le bon endroit – ce qui peut faire la différence entre être malade ou pas.
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