jeudi 19 février 2009

Guerre et paix






Dans l'ordre et dans le désordre.

Des millions de victimes, et une comptabilité douloureusement précise: 12 généraux, 89 colonels, 259 lieutenants-colonels, et 696 majors sont décédés durant la guerre. Près de ce tableau où figurent ces chiffres, une vieille touriste américaine essuie des larmes, pendant qu'un autre, visiblement un vétéran, explique comment on devait tirer avec une Thompson.
Quelques 14 millions de tonnes de bombes de toutes sortes ont été larguées sur le Vietnam pendant la guerre contre les É-U. Évidemment, beaucoup n'ont pas explosé. Un échantillon de ce qui a été ramassé - et espérons-le, désamorcé.
Et, un mot évocateur laissé dans le livre des témoignages: "La guerre ne fait pas sourire."
Je vous épargne ici les images de victimes. Les brûlures du napalm, celles toutes aussi horribles des bombes au phosphore. Les exécutions, les morts au combat. Les séquelles de l'Agent orange, et j'en passe. C'est un lourd héritage, morbide par moments, exhibé de façon surprenante, dont le visiteur ne sait trop quoi faire lorsqu'il sort du musée.

Adieu, Marguerite

Il fût un temps où les Chinois et les Vietnamiens entretenaient des relations hostiles. Puis, les mots "marché", "globalisation" et "économie mondiale" ont effacés les différends. Du moins, en apparence.

Preuve en est du quartier de Cholon, à Ho Chi Minh Ville - ou Saïgon. District 5, peut-on lire sur un plan de la ville.
"Tu peux acheter des choses peu coûteuses là-bas", explique Owen, un voyageur anglais, à la barbe fournie. Il en revenait tout juste, après une journée à visiter les pagodes et le marché.
C'est surtout pour ce dernier que Cholon est reconnu. Parce que tout peut être acheté à Cholon. Des étals de fruits, de légumes, de viande, de poisson. Puis, quelques mètres plus loin, des échoppes de moteurs, de vis, de clous. Toutes les formes, toutes les tailles, même chez ce vendeur improbable... de ressorts.
Le quartier dépeint par Marguerite Duras, dans son livre "L'Amant", n'existe plus vraiment. Il faut voir l'adaptation au grand écran, Cholon y semble être un endroit unique. Les édifices peints en bleu, les ruelles étroites, les portes de maisons jouxtant les tables de marchands. Les Vietnamiens ne mettaient pas les pieds dans ce quartier, il était uniquement chinois. Il faut savoir, aussi, qu'historiquement, les deux pays n'ont cessé de se battre, et ce jusqu'à tout récemment...
Aujourd'hui, le visiteur pourrait s'y méprendre, et penser qu'il n'a jamais mis les pieds dans le quartier chinois. Les caractères mandarins ou cantonais et la forme du visage des gens sont parmi les seuls indices qu'on se trouve dans le quartier chinois. Et la nourriture, bien entendu. "Je viens ici pour acheter des vêtements et manger. Il y a de la bonne bouffe", dit Pha Le, une étudiante vietnamienne en langues. Selon elle, Chinois et Vietnamiens ne se détestent plus comme avant, au contraire. Beaucoup de marchands vietnamiens ont adopté une stratégie économique chinoise dans les quartiers: la spécialisation.
Ainsi, vous pouvez trouver une rue où il n'y a que des vendeurs de moteurs. Et la suivante, que des pièces de vélos, par exemple. "De cette façon, les marchands peuvent se protéger. Tout le monde garde les mêmes prix, explique Pha Le en traversant des étals de pièces mécaniques. S'ils étaient séparés, quelqu'un pourrait avoir des prix plus élevés ailleurs, et il y aurait de l'argent perdu!"
Le modèle commence à se répandre ailleurs dans la ville...
À Cholon, comme ailleurs, le caractère unique de certains endroits commence à être gommé petit à petit. Il faut voir cette pagode dans le quartier, entouré de grands néons bleu et blanc, des magasins de chaque côté. Dans le district 3, plus de la moitié du musée de la guerre est consacré à la vente de souvenirs. Ailleurs, les PFK, Motorola et Visa envahissent lentement le paysage.
Touriste américain fraîchement débarqué, avec le décalage horaire encore imprimé dans le visage, Ryan semble déçu de ce qu'il a vu jusqu'à maintenant. "Il n'y a plus d'authenticité nulle part!", s'exclame-t-il.
"Oh, il faut aller dans le Vietnam rural pour voir la vraie vie!", souligne Pha Le. Là où le tourisme et la publicité ne se sont pas encore trop aventurés.

lundi 16 février 2009

Du vol à la terre ferme

Le bilan d'une journée de transport, du Canada au Vietnam, en chiffres équivoques...

18 heures de vol, quelques 15 000 kilomètres engloutis et deux, peut-être trois, heures de sommeil;
Plus d'une dizaine de cafés, moins de 2000 calories absorbées et deux repas abominables;
Quatre fouilles de bagages, dont deux à Hong Kong seulement;
Un café à Chicago coûte 2,50 $US, il en coûte 5 $US à Hong Kong;
100 $US valent quelques 1 310 000 dongs vietnamiens, et une minute sur Internet peut vous coûter 100 dongs;
Arrivée à Ho Chi Minh-Saïgon à 22h;
Des motos et scooters par centaine, dont des conducteurs envoyant des textos en manoeuvrant le véhicule;
Et un robinet qui bouge.
Bienvenue au Vietnam.

dimanche 15 février 2009

Direction: le Vietnam

Le Vietnam, en quelques chiffres...
C'est plusieurs siècles d'histoire, le deuxième pays exportateur de riz au monde.
Une population de 84 millions d'habitants, reconnue pour être travaillante et affable.
Le Vietnam, c'est aussi 200 millions de litres de 'sauce de poisson' - cette fameuse «fish sauce» utilisée dans les mets thaïlandais notamment.
Ce sera aussi un total de près de 20 heures de vol pour rallier Ho Chi Minh Ville...